Né à Montréal en 1948, Michel Pagliaro a reçu sa première guitare à l'âge de 11 ans. Dès l'âge de 15 ans, il forme son premier groupe Les Stringmen suivi par Les Bluebirds et Les Merceys.

À l'âge de 18 ans, Michel remplace le bassiste du groupe Les Chanceliers et obtient un véritable succès avec la chanson ''Le P'tit Popy''. À l'âge de 20 ans, fatigué d'être membre d'un groupe, il décide de faire carrière solo et lance plusieurs 45 tours au Québec dont ''Comme d'Habitude'' (adaptation française de My Way) et ''Avec la tête''. Par la suite, il enregistre plusieurs adaptations françaises de succès anglophones. C'est en 1969 qu'il commence à chanter des chansons de sa propre composition: ''À t'aimer'', ''Pour toi, pour toi'', ''Maman River'' et sa première vraie chanson rock: ''J'ai Marché Pour Une Nation''.

C'est en 1971 que la chance sourit à Pagliaro lorsqu'il signe un contrat avec CHUM Ltd, filiale canadienne de Much Records qui lui permet d'étendre sa carrière au Canada anglais avec le succès ''Give Us One More Chance''. La même année marque la sortie de son premier album anglais (enregistré en partie aux Studios Abbey Road). Les chansons, à sonorité britannique: ''Lovin' you ain't easy'', ''Some sing, some dance'' et ''Rainshowers'' font la renommée de Pag dans tout le Canada. Si 1971 fût l'année de la percée anglophone, la sortie de l'album francophone ''Pag'' l'année suivante établit Michel Pagliaro comme étant la première vraie vedette rock au Québec. ''J'entends frapper'', un classique du rock dans la tradition de Johnny B. Good devient le 45 tours le plus vendu de l'histoire de la musique au Québec. La chanson connaît également un succès au Canada anglais lorsqu'elle devient numéro 1 des palmarès radio de la région de Kingston. Un deuxième 45 tours de l'album ''Fou de toi'' connaît également un immense succès.

Après être devenu le seul artiste canadien à avoir remporté des disques d'or pour des succès dans les deux langues, Pagliaro, s'appuyant sur ses succès sort l'album ''Live''; un album double enregistré pendant sa tournée d'été de 1973. L'album "Live" devient son album le plus vendu en carrière.

Maintenant reconnu comme un auteur-compositeur-interprète de talent, Pag retourne à l'écriture de chansons à sonorité rock'n'roll. Il forme un nouveau groupe en s'entourant de Hovaness Hagopian, George Lagios, Derek Kendrick et Billy Workman ainsi que quelques amis et sort un album de groupe sous le nom The Rockers. L'album inclus des classiques des années cinquante de Chuck Berry, Little Richard et Eddie Cochrane, dont certains en anglais et d'autres en français. La pièce la plus remarquée est "Miss Ann" qui était apparue sur l'album Live. L'album Live est suivi par un album francophone simplement nommé Pagliaro comme plusieurs albums qui suivront. Le premier côté aborde des versions des grands classiques du rock alors que l'autre côté contient des nouvelles compositions signées Pag.

1975, marque le changement d'étiquette de RCA à Columbia Records; changement qui semble donner un véritable regain à Pag. Il sort simultanément "Pagliaro" et "Pagliaro I" qui sont respectivement des albums francophones et anglophones. Certaines pièces sont des traductions l'une de l'autre alors que certaines sont seulement dans une seule langue. "What The Hell I Got" fut un succès radio au Canada anglais, alors que "Louise" et "Émeute dans la prison" atteignirent le haut des palmarès au Québec. La tournée canadienne qui marqua la sortie de ces deux albums fut marquée par une apparition au CNE de Toronto aux côtés de Peter Frampton. A Jonquière, le groupe jouait "Émeute Dans La Prison" (Riot In Cell Block #9) lorsqu'une véritable émeute explosa à l'extérieur alors que des fans frustrés de n'avoir pu accéder au spectacle à guichet fermé ont tenté d'entrer dans la salle.

Reprenant une formule gagnante, Pag sort, en 1976, un autre doublé: un album en anglais, Time Race et un en français, Aujourd'hui. Encore une fois, certaines chansons connaissent une double vie. C'est le cas pour "Time Race"/"Le Temps Presse" alors que "Dock Of The Bay" et "Gloire À Nous" ne vivent que dans une seule langue. Malgré les excellentes chansons de Time Race, Pagliaro trouve difficile de faire mousser sa popularité au-delà des limites du Québec et trouve sa terre natale plus accueillante. La production en anglais fût très limitée à partir de ce moment.

La fin des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt voient la sortie de Rock'n'Roll et Bamboo. Le premier présente des chansons d'un style rock auquel Pag nous a habitué tandis que le deuxième tire son influence de la vague New Wave du moment. Encore une fois la musique de Pag s'actualise et il acquiert le respect d'une nouvelle génération de fans avec des pièces comme "L'ennui Cherche Un Amour", "Travailler" et "Romantique".

Suite à son exil du début des années 80 passées en France où il produisit des albums pour Jacques Higelin, artiste français de renommée, Pagliaro revient au Québec en 87 et sort deux simples: "Les Bombes" et "Dangereux" que l'on peut décrire comme du Pagliaro de grand cru. Ce n'est qu'un an plus tard que sort l'album Sous Peine d'Amour, son dernier album original à ce jour. La pièce "L'Espion" tirée de cet album atteignit le Top-10 des palmarès du Québec.

Dans les années 90, Pagliaro est devenu moins visible bien qu'il ait fait un peu de tournée dans la première partie de cette décennie et qu'il ait été honoré lors d'un concert hommage en 1990 au Festival d'été de Québec.

Une double compilation de ses plus grands succès dans les deux langues, Hit Parade, voit le jour en 1995 et un album compilation en anglais seulement, Goodbye Rain, incluant 5 chansons inédites, paraît en 1997.

Plus récemment, en 2000, Pagliaro fit une tournée au Québec et quelques apparitions içi et là (dont le spectacle de la mi-temps de la Coupe Gray en 2001) et dit travailler sur un nouvel album depuis 10 ans. Il a récemment (2001-2002) fait une tournée avec le groupe Montréalais Les Respectables dans le cadre des Francofolies sur la route en plus d'une série de spectacles au Cabaret du Casino de Montréal en mai dernier.

Restez branchés ... selon Pag le meilleur est à venir!

Avec les notes de Marc Hohmann, Ken Smith et Tony Carocchi. Remerciements spéciaux à Jaimie Vernon du Canadian Music Encyclopedia.

 

Le Prince du Rock

Il y en a comme ça qui vieillissent en âge mais gardent la forme, Pag, notre rocker national en est un de ceux-là. Tout aussi irrévérencieux qu’avant, c’est pour un public en amour avec lui qu’il a offert les plus grands succès de son dernier album original, datant tout de même du début des années 90.

Issu de l’école de la rue, Pagliaro forme son premier groupe à l’âge de 16 ans, guitariste des " Chanceliers ", il enregistre un premier 45 tours en 1965. Son âme rock le propulse aux premières places des palmarès année après année.

Une bonne partie des spectateurs n’ont jamais vu Michel Pagliaro en spectacle mais juste à l’évocation de son nom, les purs et les durs du rock savent qui il est. Les " baby boomers " se rappellent des belles années de " J’entends frapper "…Pour eux, Michel Pagliaro interprète ses plus vieux succès, reculant jusqu’à 1965 intégrant à travers cette palette, 3 chansons en anglais en expliquant à la foule que : " Oui, nous sommes francophones, mais des francophones d’Amérique! ".

Évidemment, comme la musique n’a pas de frontière, une dizaine de milliers de personnes se réjouissent de cette électrisante prestation d’une heure quarante-cinq où nous avons eu la chance de renouer avec un Michel Pagliaro des grands jours, heureux de l’honneur qui lui avaient fait les Francofolies d’être " Le Grand Événement " sur une scène extérieure, devant une foule en délire. Cet hommage, on le doit en grande partie à Laurent Saulnier, directeur de la programmation extérieure du festival. C’est d’ailleurs lui qui l’a présenté en nous disant que nous allions retrouver " Pag " en chair, en os et en sueurs!

Ses chansons sont encore aussi actuelles aujourd’hui qu’il y a trente ans. Elles vivent toujours et c’est une preuve irréfutable du talent de Michel Pagliaro, cet animal de scène qui possède toujours cette stupéfiante énergie du début en plus d’un sens rythmique, mélodique et une voix unique inoubliable. Il s’est donné sans compter pour notre plus grand plaisir à tous.

À quand un prochain
album ?

Pascale Canicchio
Club-Culture

 
Distinctions


1972 - Gold Leaf Award

1974 - Disque Platine pour Pagliaro Live

1975 - Nomination pour le Juno pour Chanteur Masculin

1999 - Concert Hommage au Festival d'été de Québec

1999 - Prix SOCAN pour 100,000 rotations à la radio pour Loving You Ain't Easy, Some Sing, Some Dance et What the Hell I Got

Premier artiste canadien à recevoir un disque d'or dans les deux langues officielles.


©Droit d'auteur